Culture, langue et art de vivre niçois : repères et lexique

Nissart, savoir-vivre, football, artistes liés à Nice et petit lexique niçois-français pour mieux comprendre la ville.

Culture et langue niçoises

Savoyarde pendant des siècles, française depuis 1860, Nice cultive une identité à part : une langue, un aigle, une lavandière devenue héroïne, un club de football et des artistes qui l’ont choisie. De quoi comprendre ce que vous entendez, et bien vous tenir.

Nissa, une identité à part

Nice entre dans l’orbite de la maison de Savoie en 1388, par une dédition scellée à l’abbaye Saint-Pons. Le comté adopte l’italien comme langue des actes en 1561, passe sous contrôle français en 1793, redevient sarde en 1814, puis s’unit à la France en 1860, après le traité de Turin et un plébiscite. À cette date, la population est largement bilingue et le français est surtout parlé par les élites urbaines ; l’école obligatoire, à partir des années 1880, fera reculer la langue locale.

Le niçois, ou nissart, se range parmi les variétés d’occitan, dans le groupe provençal, avec des influences ligures. Peu de Niçois le parlent encore couramment, mais il se maintient grâce à l’école (option au baccalauréat, école Calandreta) et aux plaques bilingues du Vieux-Nice. La ville s’y écrit Nissa ou Niça, et le a final sonne, alors qu’ailleurs en Occitanie il se prononce o.

Arles en France, Aix en Provence, Nice en barbarie. Dicton provençal

L’emblème de la ville est un aigle rouge, couronné, aux ailes abaissées, posé sur trois monts, sur fond blanc : c’est lui qu’arbore le drapeau niçois, sous la devise Nicaea fidelissima, « Nice la très fidèle ». Le rouge et le blanc rappellent la croix blanche de Savoie sur fond rouge ; l’aigle, emblème impérial, renvoie au statut de fief du Saint-Empire de l’ancien comté. Les Aiglons de l’OGC Nice lui doivent leur surnom.

Catherine Ségurane, la lavandière du siège de 1543

Chaque Niçois connaît Catherine Ségurane, lavandière devenue héroïne du siège de 1543, quand la flotte franco-ottomane attaque la ville : elle aurait arraché un étendard ennemi en frappant le soldat de son battoir. Les chroniqueurs de l’époque ne la citent pas et les historiens débattent de son existence, mais le symbole a pris. Un bas-relief de la rue Sincaïre, inauguré le 25 novembre 1923, lui rend hommage ; la Sainte-Catherine, le 25 novembre, la célèbre ; une tribune de l’Allianz Riviera porte son nom.

À table, la langue se lit sur les cartes

Le niçois se lit d’abord sur les cartes de restaurant. Le pan bagnat vient de pan banhat, « pain mouillé » ; la pissaladière doit son nom au pissalat, de peis salat, « poisson salé » ; la socca s’achète brûlante dans le Vieux-Nice ; la tourta de blea est la tourte de blettes. Ces mots racontent un terroir où l’olive, l’anchois et la blette font la loi. Le chapitre sur la cuisine les met à table.

Le Gym, les Aiglons et l’Allianz Riviera

L’OGC Nice, fondé le 9 juillet 1904 comme club omnisports, joue en rouge et noir et se fait appeler le Gym ou les Aiglons. Il compte quatre titres de champion de France (1951, 1952, 1956, 1959) et appartient depuis août 2019 au groupe Ineos. Son stade, l’Allianz Riviera, inauguré le 22 septembre 2013 par une victoire 4-0 contre Valenciennes, compte environ 35 600 places et a accueilli quatre matchs de l’Euro 2016 ; ses tribunes s’appellent Garibaldi, Ségurane, Ray et Populaire Sud.

Pour aller au match, prenez le tramway : la ligne 3 relie le port Lympia au stade, qui a son propre arrêt, « Stade », avec un tramway toutes les dix minutes environ avant la rencontre et toutes les quatre à cinq minutes après. Le ticket coûte le tarif habituel de 1,70 €. Les places s’achètent sur la billetterie officielle du club.

Les artistes qui ont choisi Nice

Henri Matisse arrive à Nice en 1917 et y vit jusqu’à sa mort, en 1954. Le musée Matisse, créé en 1963 dans la villa des Arènes, à Cimiez, conserve la plus grande collection publique d’œuvres de l’artiste. Le peintre repose à quelques minutes à pied de là, dans le cimetière du monastère de Cimiez. Le musée est fermé le mardi.

Le musée national Marc Chagall est inauguré en 1973, du vivant de l’artiste, qui avait donné à l’État dix-sept grandes toiles du Message biblique en 1966. Le bâtiment de l’architecte André Hermant abrite ces toiles, une mosaïque et des vitraux créés par Chagall pour le lieu, ainsi que les esquisses préparatoires offertes en 1972. Il est fermé le mardi.

Yves Klein naît à Nice le 28 avril 1928, de parents peintres, s’y lie avec Arman et Claude Pascal, et dépose en mai 1960 la formule de l’International Klein Blue. Avec Arman, Ben et Martial Raysse, il est associé à l’École de Nice. Le MAMAC, place Yves Klein, lui consacre une salle permanente, mais il est fermé pour rénovation depuis janvier 2024, avec une réouverture annoncée en 2028.

Niki de Saint Phalle, qui rejoint le Nouveau Réalisme en 1961, a fait en 2001 une donation au MAMAC, l’une des plus importantes collections européennes de son œuvre. Pendant la fermeture du musée, l’exposition « Niki de Saint Phalle. Vive l’Amour #6 » est présentée hors les murs, à la Cité mixte du Parc Impérial, du 24 septembre au 11 décembre 2026.

Savoir-vivre à la niçoise

  • Bonjour d’abord : on salue en entrant dans une boutique ou un café, et l’on remercie en sortant.
  • À table, le déjeuner se sert en général de midi à 13 h 30, le dîner de 20 h à 22 h. Entre les deux, cherchez l’enseigne « service continu ».
  • Le service est compris dans les prix affichés (mention « prix service compris ») : le pourboire est facultatif.
  • À la plage, fumer est interdit sur toutes les plages publiques de Nice, labellisées « plage sans tabac » depuis l’été 2024 ; les chiens ne sont admis qu’à Lenval et à La Lanterne.
  • Dans les lieux de culte, la cathédrale orthodoxe russe Saint-Nicolas exige une tenue correcte et refuse les visiteurs torse nu. Épaules et genoux couverts : la règle la plus simple dans toutes les églises.
  • Dans les transports, validez votre titre à chaque trajet de tramway ou de bus.

Petit lexique

Les mots niçois sont écrits comme sur les cartes et les panneaux. La prononciation est donnée à la française, avec la syllabe appuyée en majuscules, d’après les transcriptions phonétiques des dictionnaires ; les mots occitans passés dans le français gardent leur prononciation française. Les sept dernières lignes rassemblent des mots français que vous croiserez chaque jour.

MotPrononciationSens, usage
NissaNI-ssa (le a sonne)Nice, en niçois.
Nissartni-SAR(t)Habitant de Nice, et nom de la langue.
Adieua-DIOUSalut familier du Midi, à l’arrivée comme au départ.
Soccaso-KACrêpe fine de farine de pois chiches, mangée chaude.
Pissaladièrepi-sa-la-DYÈRTarte à pâte à pain, oignons, olives, anchois.
Pissalatpi-sa-LACondiment de fretin de sardine et d’anchois ; « poisson salé ».
Pan bagnatpan ba-GNADe pan banhat, « pain mouillé » ; pain imbibé d’huile d’olive.
Panissepa-NISSSpécialité du Sud à base de pois chiches.
Pistoupis-TOUBasilic broyé à l’huile d’olive ; aussi la soupe.
Tapenadeta-pe-NADEOlives, câpres, anchois ; de tapena, « câpre ».
Fougassefou-GASSEPain provençal plat, souvent entaillé en branches.
Mesclunmès-KLEUNMélange de jeunes salades ; de mesclum, « mélange ».
Gabianga-BYANNom occitan du goéland leucophée.
Galetga-LÈPierre lissée par l’eau : la plage de Nice.
CoursCOURPromenade publique plantée d’arbres : le cours Saleya.
Corsokor-SODéfilé de rue lors d’une fête de plein air.
Additiona-di-SYONLa note au restaurant.
Apéroa-pé-ROApéritif, en langage familier.
Service comprisser-VISS kon-PRIMention des cartes : le service est inclus.
Bonjourbon-JOURLe mot qui ouvre chaque échange avec un commerçant.

Wikipédia – Comté de Nice · Wikipédia – Niçois · Wikipedia – Niçard dialect · Musée Matisse de Nice – site officiel · Wikipedia – Musée Matisse (Nice) · Fête de la musique – site officiel du ministère de la Culture · Journées européennes du patrimoine – site officiel du ministère de la Culture · Office de tourisme Nice Côte d’Azur – Terre d’événements

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